vendredi 28 avril 2017

Poésie dans la cité


Il se prépare de bien belles choses dans la Métropole lilloise, où la poésie a de plus en plus droit de cité. Dans plusieurs médiathèques et un café solidaire, notamment, où on éprouve de plus en plus le besoin de lui redonner la parole.
Est-ce parce que, comme l'écrit Lawrence Ferlinghetti, poète et fondateur de la City Lights Books, qui publia les poètes de la Beat Generation : « Le poème comble les attentes et remet la vie en place. » ?

Cela commencera ce Mardi 2 mai à 19h à la Médiathèque La Corderie de Marcq-en-Baroeul (56 rue Albert Bailly) avec la double lecture de 2 poètes à « l'humour bleu » et « jaune » que j'estime beaucoup : Jean-Yves Plamont et Simon Allonneau.
 
Jean-Yves Plamont
Jean-Yves Plamont (2017)

Simon Allonneau
Simon Allonneau (2016) © FxF

 Cela se poursuivra le Samedi 17 juin à 19h au Café Le Polder d'Hellemmes avec un autre duo poétique tout aussi épatant : Jean Marc Flahaut et Thierry Roquet.
 
Jean Marc Flahaut
Jean Marc Flahaut

Thierry Roquet
Thierry Roquet


Pour se terminer les 29 & 30 septembre prochains dans les médiathèques de Willems et d'Arnèke (dans les Flandres) avec une triple lecture de 3 auteures particulièrement attendue organisée par la Médiathèque départementale du Nord, dont je ne peux hélas rien vous révéler pour le moment, sinon que cela sera tout aussi emballant !

Ces 4 rendez-vous poétiques seront gratuits et ouverts à tous les publics.

On y sera bien évidemment !


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mardi 25 avril 2017

« La poésie est un sport de combat » m'écrivait un jour Thomas Vinau & il avait raison

Entre 6 et 8 ans
le héros de ma jeunesse
Bruce Lee
Opération Dragon (1973)
s'appelait Bruce Lee
j'avais vu tous ses films
pour 6 Francs seulement
à l'époque
(même un film où un faux Bruce Lee
est attaqué par une horde de robots de bronze
invincibles)
En attendant que les lourdes portes
du Cinéma Mourette
s'ouvrent
nous étions déjà tout un tas de gamins
fébriles
plus surexcités les uns que les autres
dans cette file d'attente
qui menait au guichet
et on mimait alors toutes les postures
de Bruce
ses coups de pieds rapides rageurs
ses coups de poings explosifs
son pouce sous le nez
défiant soudain ses adversaires
lorsqu'il était lui-même touché aux flancs
ou au visage
avant l'ultime correction
et qu'il déclenche aussitôt à leur encontre
une série de coups de poings furieux
suivis d'un terrible coup de pied en extension
ou retourné dévastateur
conclu par son célèbre « Wataaaaaaah ! »
C'est certainement
la seule période
de ma vie
où j'ai rêvé de porter un bas de survêtement
grotesque
et des ballerines noires
en mimant le rictus du maître en arts martiaux
torse nu
devant la glace de ma salle de bain.
Kung-Fu ? Karaté ? Jujitsu ?
on ignorait tous
quelle était alors la véritable discipline
de Bruce ?
et les paris, d'ailleurs,
allaient bon train...
Dans Le Jeu de la Mort
Bruce Lee défiait un géant de 2 mètres 18
le célèbre basketteur américain
Kareem Abdul-Jabbar
lui-même
Dans La Fureur du Dragon
il mettait une trempe monumentale
à un roux velu
tout en muscles
qui n'était autre que Chuck Norris
(qui avait été – rappelons-le –
7 fois champion du monde de karaté)
dans un décor kitsch
d'amphithéâtre romain
et de studio de briques made in Hollywood
À l'époque, je ne supportais pas
que l'on dise que Bruce Lee
n'était pas le meilleur karatéka du monde
ni un vrai combattant
mais un comédien
ou un acteur
qui faisait très bien le show
que quiconque égratigne le Mythe
ma fantasmagorie, voilà tout !
Pendant tout un week-end
je m'étais même fabriqué
(avec l'aide de ma mère)
un invraisemblable nunchaku
avec deux bouts de bois pointus
peints en vert
et une ficelle démesurément longue
qui ne fonctionnait pas du tout
bien sûr...
LA FUREUR DE VAINCRE
LA FUREUR DU DRAGON
BIG BOSS
OPÉRATION DRAGON
LE JEU DE LA MORT
 j'avais tout vu si jeune
C'ÉTAIT ALORS
MA SEULE POÉSIE
je n'ai jamais revu un seul
de ses films depuis
j'aurais trop peur que mon enfance
se soit définitivement engloutie
avec lui

Bruce Lee
ce petit homme au corps racé
à la taille de guêpe
chaîne en or et chemise blanche
ouverte sur ses pectoraux filiformes
avec ses grosses lunettes noires
de pilote d'hélicoptère

c'était quand même la classe absolue, non ?

lundi 24 avril 2017

Lucien Suel, come back anthologique n°2


Lucien Suel
Lucien Suel en 2017
Poète nordiste né en 1948, Lucien Suel vient de publier Ni bruit ni fureur, un deuxième recueil anthologique aux éditions La Table Ronde, après l'épatant Je suis debout (2014) paru chez le même éditeur.
Ce livre en 3 parties est un hymne à « L'Enfance au Nord », aux « jardins » et aux « disparus » (écrivains, poètes, musiciens, proches) qui ont toujours été les thèmes de prédilection de l'écrivain.
Lucien Suel y explore à nouveau un large registre de formes poétiques (prose, haïkus, « twittérature », pastiches, vers arithmogrammatiques…) et y excelle, de poète ordinaire à poète expérimental, en passant par poète beat - mais cela ne suffirait pas à en faire un bon poète - s'il n'y ajoutait pas la tendresse et une écriture qui sait aller à tout, sans ignorer l'essentiel.

Libertaire, sensible, créative, humoristique, la poésie de Lucien Suel plébiscitée, entre autres, par Jérôme Leroy, Daniel Fano ou Jean-Pascal Dubost, nous enchante autant. 

La Table Ronde, coll. Vermillon (poésie), mars 2017, 16,00 €

Inédits n°18 de Lucien Suel sur Le feu central

Silo, le blog du poète


mardi 11 avril 2017

Jérôme Leroy né en 1964

    Comme un doute

    Parfois, je me demande si la solution, ce n'est pas une maison à Tarnac, ou dans un coin de ce genre, avec mes livres, un jardin et une école autogérée où l'on apprendrait aux enfants la poésie, le jardinage et le maniement des explosifs, ce qui revient au même, au bout du compte.

Jérôme Leroy, extrait de Sauf dans les chansons (poésie), Éd. La Table Ronde, 2015.



Jérôme Leroy (2017)
© photo Patrice Normand/Leemage


Jérôme Leroy, franc-tireur mélancolique, La Croix, 19 mars 2017

Jérôme Leroy, Loin devant !, Poebzine, 15 avril 2016

Poème(s) inédits n°11 : Jérôme Leroy, « douze belles dans la peau-ésie »,  Poebzine, 17 mai 2013


Le blog de l'écrivain Jérôme Leroy


lundi 3 avril 2017

Improbables haïkus de trajet

Chéreng
village fleuri
Soleil rasant

Vacances scolaires
Recherche animateurs
Se renseigner à la mairie

30 kilomètres/heure
voie conseillée
« Médiathèque départementale »

Brève entrevue :
« Je bois mon café
Tu m’emmerdes. »

lundi 27 mars 2017

Éphémérides


au journal ce matin

Stop aux quads à Roubaix !
Procès d’un groupe néo-nazi
à Amiens


je me frotte les yeux
ce 27 mars 2017
mais c’est bien dans ce monde-là
que je vis

le cauchemar des idioties
est bien réel

et continu

celui des racistes ordinaires
et de la bêtise galopante


des pesticides
des particules
fines
et des trouées
dans la couche d’ozone

le désert avance
la vie recule


comment veux-tu
que je n’aie pas mal
au cul ?

samedi 25 mars 2017

Alain Schifres

alain-schifres-sympa-le-dilettante-2016
« Plus les temps sont durs, plus les gens sont mous. »

Alain Schifres, extrait de Sympa (chroniques), Le dilettante, 2016.

dimanche 19 mars 2017

Christophe Siébert a la rage !


« J’ai cessé d’aimer les gens car ils disaient du mal de Philippe K. Dick. »
 

Christophe SiébertEn 2014, j’ai rédigé un long article sur la poésie de Christophe Siébert et son excellent premier recueil Poésie portable : « Christophe Siébert, l’ensauvagé » 

Que l'on considère cette poésie comme une  poésie « trash » ou que Christophe Siébert, lui-même, se définisse comme « un prolétaire de la littérature » empêche qu’on reconnaisse cet auteur à sa juste valeur… celle d'un véritable écrivain à découvrir autant qu'une Virginie Despentes ou que le sulfureux Pierre Bourgeade (1927-2009).

Je trouve cette poésie non consensuelle, percutante et très personnelle. J'imagine bien Christophe Siébert se dorer la coigne entre Bukowski et Houellebecq, ou buvant un coup avec Marlène Tissot et Vincent Ravalec. Sa poésie se situe d'ailleurs en marge des conventions, des réseaux et des grands poètes autoproclamés par quelques-uns ; cela aussi me ravit, je dois le dire, de plus en plus.

Toutes ces raisons suffisent-elles à faire un bon auteur ? Non, bien sûr.

Christophe Siébert découper l'univers poésie
Mais Christophe Siébert, lui, en est un et sa poésie - dont certains se détournent pour d’injustes raisons – détonne et doit absolument être découverte et lue dans sa globalité.

Paru en 2015 aux éditions Gros Textes, son second recueil (largement négligé par la critique poétique) s’appelle Découper l’Univers Le mettre dans des boites Reculer de vingt pas Épauler son fusil Et tirer sur les boites et contient de superbes illustrations de Lilas et Super Détergent.

Christophe Siébert y décoche des textes intraitables, prémonitoires, noirs et profonds, non exempts de dérision et d'autodérision non plus, comme dans les deux poèmes choisis pages 8 et 43 du dit recueil :

 

Ça va bientôt être la saison des coquelicots, par ici. À moins, je ne sais pas, que le temps pourri d’avril ne leur ait coupé l’herbe sous les pieds.
La meilleure occasion de les observer c’est en allant à Intermarché. Il faut quitter le village, traverser la voie ferrée désaffectée et longer la départementale un moment. La luminosité du ciel au bleu presque blanc, insoutenable, fait éclater le contraste entre le rouge vif des fleurs et le vert tendre de l’herbe. Ça donne envie de s’arrêter de marcher pour laisser les couleurs faire vibrer la rétine. Ça donne envie d’écouter les insectes vrombir et passer les voitures, de se dire que la vie est formidable, d’acheter de la viande et un très bon whisky. Ça donne envie de fumer des cigares après les avoir longuement reniflés. Ça donne envie de marcher sur cette route en faisant comme si elle ne menait nulle part.
Dans d’autres parties du monde il y en a qui bouclent sur leur ventre des ceintures d’explosifs et s’apprêtent à se faire sauter pour démontrer qu’ils ont raison. 
Dans d’autres parties du monde il y en a qui s’interrogent sur ce qu’il est permis d’écrire ou pas en poésie et selon quelles règles ça doit l’être.
Et pendant ce temps, à Intermarché où il va bien falloir se rendre, les caissières à l’horizon bouché par le passage incessant des cons et de leurs tonnes de bouffe ignorent tout des coquelicots et du ciel aveuglant.

 *

Étudier le monde qui s’écroule et se réjouir. Quelque chose dans l’air et dans certains regards, des signes et dans les rues comme un odeur de plastique cramé et d’apocalypse, vous sentez pas ? C’est un peu plus fort chaque jour et nous sommes de sacrés privilégiés d’assister à ce truc, la dernière fois qu’un monde a sombré c’était y a quinze siècles.
Se laisser porter par cette ambiance de haine, cette arrière-plan de rancœur, observer ses poils qui se dressent, l’électricité, la tension qui cherche la note juste, se laisser séduire, apprendre à reconnaitre l’odeur de la colère et celle de la trouille.
Apprendre la méfiance en marchant dans les rues, en montant dans le bus, apprendre la méfiance à minuit dans les gares, apprendre à se tenir à carreau et à baisser les yeux, apprendre l’égoïsme et la lâcheté, se découvrir doué pour ça.
Comprendre au fond de soi que cette fin du monde est une bonne chose, pigé intuitivement qu’on fait partie de l’ancien monde, de ce qui doit être détruit, pigé intuitivement que la force de vie bouillonne chez les barbares, que le sens de l’histoire est dans leur nihilisme, comprendre au fond de soi qu’être périmé dans un monde périmé n’est pas bien grave. Profiter du spectacle. Des flammes à sa fenêtre. Jouir du sang dans les rues. Anticiper le jour où le sien coulera. Se prendre pour Néron. Mais un Néron moderne, un Néron mou et pâle, un Néron avachi qui lit les faits divers, un Néron un peu rance qui lit Télérama.

 

Son dernier livre de nouvelles, Porcherie, est paru chez Les Crocs Électriques début 2017.

Le 22 février dernier, Christophe Siébert était invité sur radio Nova Planet pour parler de son travail et lire des extraits de ce livre. Le PODCAST de l'émission

Le site de Christophe Siébert


Les éditions Gros Textes

mercredi 15 mars 2017

Des nouvelles du feu


Depuis plus d'une semaine, j’ai mis le blog en veilleuse. Pas étonnant  !
 
  • Je viens de rédiger un portait-souvenirs suite à la disparition du poète Louis-François Delisse (1931-2017) qui paraîtra dans la revue Poezibao avec d’autres contributions. L'ensemble sera chapeauté par Laurent Albarracin, poète et critique.

  • Daniel Fanod'écrire un article sur ma rencontre avec le poète belge, Daniel Fano, à Bruxelles, en juillet 2012, qui rejoindra dans un fichier d’autres portraits de poètes du même acabit.
  • d'envoyer quelques textes à la revue Bacchanales pour un futur numéro consacré à la thématique « Poésie et Sport ».
  • 2 plaquettes aux microéditions La Porte depuis novembre 2016.

    En retour, même pas la décence d'un mail automati qui prendrait 2 secondes. Je suggère par exemple :
     
    Bien reçu. Merci. On ne donnera pas suite.
    Bien reçu. Merci mais ce n'est pas d'la poésie.

    Bien reçu. Merci. On ne publie plus de recueil avant 2099. 
    Bien reçu. Merci. On vous emmerde.
  • Je dois encore terminer une prochaine note de lecture pour la revue eulalie du CRLL Nord-Pas-de-Calais et envisage d'envoyer 1 ou 2 poèmes au  format « accordéon » pour les éditions Les Venterniers.
  • Enfin, pour toutes celles et ceux qui habitent le Grand Nord, je vous informe en avant-première de la 4e édition de lectures-rencontres poétiques de la Médiathèque départementale du Nord qui auront lieu les 29 et 30 septembre prochains avec une belle programmation !

    Évidemment, à côté de ça, à 45 ans passés, on a une vie de famille, on bosse à plein temps, on fait du sport, on envoie des mémails et on répond consciencieusement à chaque commentaire du blog.
    (sauf si on m'envoie sa soupe de poèmes auto-édités ou nuls à chier ou qu'on a, pire, le culot de me dire : je vous envoie mon livre contre une chronique !)

    Puis
    , de 21h à 1h du mat, on lit et on écrit sur la poésie des autres (ce qui n'est pas si courant que cela finalement) avant de penser à son petit nombril usé.

     

dimanche 5 mars 2017

Culs nus vs Textiles (Le grand combat)


En France, vendredi 26 août dernier, une bagarre générale a éclaté sur une plage de la Teste (près d’Arcachon) en Gironde entre « textiles » et naturistes. Ces derniers accusant notamment les premiers d’être trop regardants et de les avoir insultés. Ce qui a dégénéré… Mais on ne sait pas si comme dans la célèbre chanson « Hécatombe » de Brassens, les parties intimes des différents protagonistes de l’histoire ont été malmenées ou non ?


vendredi 3 mars 2017

François-Xavier Farine, poète énervé


un-nouveau-monde-yves-di-manno
J'espère qu'Un Nouveau monde d'Yves di Manno & Isabelle Garron, énième nouvelle anthologie de poésie, ne va pas encore m'énerver, ouvrage volumineux de 1536 pages qui se targue encore (après tant d’autres) de « venir combler une étrange lacune et de proposer pour la première fois un large panorama des écritures de poésie en France depuis 1960, tenant compte de leur remarquable diversité »…

Alors, ben dis donc, c’est chouette ça comme programme !?

Mais je formule déjà le vœu qu’on n’y retrouve surtout pas uniquement des poètes édités chez Flammarion ou les vieux poètes habituels, connus depuis 40 à 50 ans maintenant au sein de la confrérie et qu'elle va, enfin et surtout, oser prospecter un peu plus haut que le péage de Saint-Arnoux-en-Yvelines !

On verra bien... j’ai de sérieux doutes mais je vous tiendrai au courant de toute façon.

En attendant, je vous conseille plutôt, à un moindre prix, l’essai Au tournant
Au tournant du siècle Jean-Luc Maxence
du siècle : regard critique sur la poésie française contemporaine (2014) de Jean-Luc Maxence (17 € ou 9,99 € au format e-pub) avec une couverture ‘achement plus artistique et moderne, où l’auteur à la triple casquette de critique, poète et de directeur des éditions du Nouvel Athanor a osé mettre des jeunes qu’on aime et qu’on suit déjà depuis perpét’ comme Guillaume Siaudeau, Thomas Vinau ou Murièle Modély.

Chapeau bas et poisson volant *

En ce moment, je tire particulièrement  mon chapeau à plusieurs poètes qui sont apparus en plein dans le mille de de ma cible poétique et qui me ravissent énormément parce qu’ils ont, pour la plupart, bousculé mes « certitudes » en matière de poésie.

Ce qui est particulièrement rassurant !

Ils ou elles se nomment Heptanes Fraxion, Grégoire Damon, Simon Allonneau, Perrin Langda, Pénélope Corps, Sammy Sapin, Estelle Fenzy et Emanuel Campo.

Merci à eux !

* Belle expression empruntée à un mail du poète Jean Marc Flahaut.

lundi 27 février 2017

Vian (1920-1959) & Gainsbourg (1928-1991) : « T’as tout dans la peau ! »

© visuel Médiathèque départementale du Nord

Dans le cadre du 19e Printemps des Poètes qui a lieu du 4 au 19 mars 2017, la Médiathèque départementale du Nord propose, en partenariat avec la nouvelle médiathèque Louis Aragon d'Auby, un spectacle gratuit de poésie-chansons consacré à ces deux auteurs majeurs du XXe siècle.

Une création originale de :

Lulu Socrate, performeuse burlesque
Jonathan Bois, accordéoniste, chanteur
Mickaël Knockaert, trompettiste et théâtre de rue

dont ce sera, d'ailleurs, la première représentation.


Samedi 11 mars à 20 h 30
Médiathèque Louis Aragon
L’ESCALE Place de la République
59950 AUBY

Renseignements et réservation :
03.27.95.26.68 ; mediatheque@auby.fr

Gratuit dans la limite des places disponibles.
Public adulte.


Hé, Ho, viendez, ok ?
Ça va être bon !



du Chant à la une !... (1958), premier album
aux chansons poético-réalistes de Serge Gainsbourg
préfacé par Marcel Aymé et chroniqué par Boris Vian lui-même
à l'époque dans Le Canard enchaîné

jeudi 23 février 2017

Coaching personnalisé

François-Xavier Farine
 à Heptanes Fraxion

Si je me vends mieux
je mange mes 5 fruits et légumes par jour
si je salue mon prochain
alors qu'il m'écrase les pieds dans le métro
(comme une merde de paillasson)
si je connais les préceptes des 25
religions
le classement des équipes du Championnat de France
de football et de pétanque dans l’ordre
et dans le désordre
si je récite par cœur
tous les noms des dictateurs
et des charlatans qu’il faudrait
trucider plutôt qu’instrumentaliser
si je milite pour les 150 heures de travail
hebdomadaire en comptant le travail la famille le courage
la maison les amis les ennemis la poésie à entretenir le déficit
du sommeil et l’abrutissement collectif
si je parle aux francs-maçons aux clodos aux déportés
aux gravures de mode à mon frangin à mon kiné mutique
à ma moto de compétition et à mon ange gardien
si je piétine les morts
la pluie le déluge
et que je remue leurs cendres encore chaudes
dans mon ventre
et que j’embrasse tendrement follement goulûment
les vivants
es-ce que je suis sauvé
est-ce que je suis
sauvé ?

mercredi 22 février 2017

Rions avec les poètes !


Jean-Yves PlamontMême si les poètes d'humour ne sont pas légion, j'ai choisi aujourd'hui de vous parler de deux d'entre eux : Jean-Yves Plamont et Jean-Luc Caizergues.

Jean-Yves Plamont le pole magnétiqueNé en 1960 à Lille où il est bibliothécaire, Jean-Yves Plamont se définit avec le sourire comme un « cartoonist de l'extrême ».
Il est le plus neuf parmi 5 poètes d'humour d'aujourd'hui : Guy Chaty, Michel Deville, Alfonso Jimenez, Jean L'Anselme (1919-2012) et lui-même auxquels j'avais consacré un dossier en novembre 2006 dans la revue Lieux d'Être n°42, alors que ce dernier était encore totalement inconnu et inédit.

En 2008, je rédigeais la chronique de son premier recueil, Pour mon ours blanc, publié au dé bleu dans la collection du farfadet bleu, collection jeunesse reprise depuis par Hélène Boinard au sein des éditions Cadex.


En octobre 2016, Jean-Yves Plamont a sorti un second recueil, Le Pôle magnétique (composé de trois micro-recueils), tout aussi original, que je vous invite à acquérir sans plus attendre.
C'est un livre drôle, décalé, sensible et réjouissant, dans lequel l'auteur se moque de lui-même autant que des complexités de l'écriture. Cet auteur a digéré Brautigan, Soupault et les meilleurs surréalistes belges. Il compose de petites histoires sous forme de tercets-haïkus, proche de l'univers des dessins animés.

Quand un auteur séduit coup sur coup Jean Orizet, Jean L'Anselme, Louis Dubost et Daniel Fano, cela vaut peut-être le coup d'aller y jeter un coup d’œil de plus près, non ?


jean-luc caizergues mon suicide
Né en 1954, machiniste à l'Opéra de Montpellier, Jean-Luc Caizergues est un autre phénomène qui a retenu mon attention, depuis la sortie de son second recueil, Mon suicide : poésie-fiction, chez Flammarion en 2008 et pourtant je n'avais hélas encore jamais parlé de cet auteur si singulier jusqu'à aujourd'hui ! J'adore son livre à l'humour noir, très grinçant, « à la Topor », qui met notamment en scène - sous forme de très courtes séquences de poèmes - une succession de morts, l'air de rien, ou de petites violences ordinaires qui éclairent d'une lumière crue notre pire aujourd'hui :

LE BON ET LE MÉCHANT

Un policier
me frappe
à coups
de poing

pour
me faire
parler. Un
autre à

coups de
pied pour
que je
me taise.


UN RAYON DE SOLEIL

Ma femme
se précipite
dans le garage
envahi

de gaz d'échap-
pement. Elle
extrait mon
cadavre

de la voiture,
se met au
volant et file
à la plage.


Qui sont les principaux poètes d'humour d'hier et aujourd'hui ?

Citons pêle-mêle : Boris Vian (1920-1959), Raymond Queneau (1903-1976), Jean Tardieu (1903-1995), André Frédérique (1915-1957), Pierre Chabert (1914-2012), Jean L'Anselme (1919-2012), Paul Vincensini (1930-1985), Norge (1898-1990), Jacques Simonomis (1940-2005), Roland Dubillard (1923-2011), Roland Bacri (1926-2014), Odile Caradec (née en 1925), l'Académicien René de Obaldia (né en 1918), Michel Deville (né en 1931), Alfonso Jimenez (né en 1933), Guy Chaty (né en 1934), l'inénarrable poète belge Jean-Pierre Verheggen (né en 1942), Jean-Claude Touzeil (né en 1946), Michel Monnereau (né en 1948), Jean-Luc Caizergues (né en 1954),
Éric Dejaeger (né en 1958), Jean-Yves Plamont (né en 1960) et Simon Allonneau (né en 1985).

L'anthologie, Les poètes et le rire, de Jean Orizet, plusieurs fois rééditée au Cherche midi éditeur, finira de vous combler si vous souhaitez pousser l'exploration un peu plus loin.

À signaler également :

- l'anthologie, En rires, établie par Christian Poslaniec et parue chez Seghers en 2009.

- la sortie imminente, le 1er mars prochain, de Perles de vie du poète presque centenaire
René de Obaldia.

Comme quoi, la poésie d'humour conserve ! À méditer donc pour tous les grincheux !

vendredi 17 février 2017

Yves Artufel mis à l'honneur

Yves Artufel
Chiendents n°116 - Janvier 2017
Georges Cathalo a orchestré  et préparé le numéro 116 de la revue Chiendents consacré à un éditeur-poète très discret mais efficace : Yves Artufel.
 

Ce cahier d'une quarantaine de pages vient juste de paraître aux éditions du Petit Véhicule de Luc Vidal.

Je ne vais pas vous détailler le riche sommaire de toutes les contributions de ce numéro-hommage à Yves Artufel qui devrait prochainement - m'a-t-on dit - passer le flambeau des éditions Gros Textes mais vous citer quelques noms aux côtés desquels je suis fier de figurer pour célébrer ce « militant des autres poètes », « sauvagement libre » de Châteauroux-les-Alpes :

Thomas Vinau, Eric Dejaeger, Armand le Poète, Jean-Pierre Lesieur, Eric Dejaeger, Jean-Christophe Belleveaux, Georges Cathalo, Patrick Joquel, Jean-Claude Touzeil...

Je ne sais pas si cela suffit à se construire une famille, mais ce rassemblement-là me plaît pour célébrer à la fois ce poète et éditeur qui, le premier, m'a fait confiance.


Ce numéro reprend également des aphorismes issus des quatre-cinq recueils publiés par Yves Artufel ainsi que quelques textes inédits.

GrosTexteurs et GrosTextrices, curieux et curieuses, c'est ci-dessous qu'on trouvera le précieux sésame !
 
Revue Chiendents : 6 € toute commande + 3 € de frais de port.
Éditions du Petit Véhicule 20 rue du Coudray 44000 NANTES