vendredi 28 avril 2017

Poésie dans la cité


Il se prépare de bien belles choses dans la Métropole lilloise, où la poésie a de plus en plus droit de cité. Dans plusieurs médiathèques et un café solidaire, notamment, où on éprouve de plus en plus le besoin de lui redonner la parole.
Est-ce parce que, comme l'écrit Lawrence Ferlinghetti, poète et fondateur de la City Lights Books, qui publia les poètes de la Beat Generation : « Le poème comble les attentes et remet la vie en place. » ?

Cela commencera ce Mardi 2 mai à 19h à la Médiathèque La Corderie de Marcq-en-Baroeul (56 rue Albert Bailly) avec la double lecture de 2 poètes à « l'humour bleu » et « jaune » que j'estime beaucoup : Jean-Yves Plamont et Simon Allonneau.
 
Jean-Yves Plamont
Jean-Yves Plamont (2017)

Simon Allonneau
Simon Allonneau (2016) © FxF

 Cela se poursuivra le Samedi 17 juin à 19h au Café Le Polder d'Hellemmes avec un autre duo poétique tout aussi épatant : Jean Marc Flahaut et Thierry Roquet.
 
Jean Marc Flahaut
Jean Marc Flahaut

Thierry Roquet
Thierry Roquet


Pour se terminer les 29 & 30 septembre prochains dans les médiathèques de Willems et d'Arnèke (dans les Flandres) avec une triple lecture de 3 auteures particulièrement attendue organisée par la Médiathèque départementale du Nord, dont je ne peux hélas rien vous révéler pour le moment, sinon que cela sera tout aussi emballant !

Ces 4 rendez-vous poétiques seront gratuits et ouverts à tous les publics.

On y sera bien évidemment !


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mardi 25 avril 2017

« La poésie est un sport de combat » m'écrivait un jour Thomas Vinau & il avait raison

Entre 6 et 8 ans
le héros de ma jeunesse
Bruce Lee
Opération Dragon (1973)
s'appelait Bruce Lee
j'avais vu tous ses films
pour 6 Francs seulement
à l'époque
(même un film où un faux Bruce Lee
est attaqué par une horde de robots de bronze
invincibles)
En attendant que les lourdes portes
du Cinéma Mourette
s'ouvrent
nous étions déjà tout un tas de gamins
fébriles
plus surexcités les uns que les autres
dans cette file d'attente
qui menait au guichet
et on mimait alors toutes les postures
de Bruce
ses coups de pieds rapides rageurs
ses coups de poings explosifs
son pouce sous le nez
défiant soudain ses adversaires
lorsqu'il était lui-même touché aux flancs
ou au visage
avant l'ultime correction
et qu'il déclenche aussitôt à leur encontre
une série de coups de poings furieux
suivis d'un terrible coup de pied en extension
ou retourné dévastateur
conclu par son célèbre « Wataaaaaaah ! »
C'est certainement
la seule période
de ma vie
où j'ai rêvé de porter un bas de survêtement
grotesque
et des ballerines noires
en mimant le rictus du maître en arts martiaux
torse nu
devant la glace de ma salle de bain.
Kung-Fu ? Karaté ? Jujitsu ?
on ignorait tous
quelle était alors la véritable discipline
de Bruce ?
et les paris, d'ailleurs,
allaient bon train...
Dans Le Jeu de la Mort
Bruce Lee défiait un géant de 2 mètres 18
le célèbre basketteur américain
Kareem Abdul-Jabbar
lui-même
Dans La Fureur du Dragon
il mettait une trempe monumentale
à un roux velu
tout en muscles
qui n'était autre que Chuck Norris
(qui avait été – rappelons-le –
7 fois champion du monde de karaté)
dans un décor kitsch
d'amphithéâtre romain
et de studio de briques made in Hollywood
À l'époque, je ne supportais pas
que l'on dise que Bruce Lee
n'était pas le meilleur karatéka du monde
ni un vrai combattant
mais un comédien
ou un acteur
qui faisait très bien le show
que quiconque égratigne le Mythe
ma fantasmagorie, voilà tout !
Pendant tout un week-end
je m'étais même fabriqué
(avec l'aide de ma mère)
un invraisemblable nunchaku
avec deux bouts de bois pointus
peints en vert
et une ficelle démesurément longue
qui ne fonctionnait pas du tout
bien sûr...
LA FUREUR DE VAINCRE
LA FUREUR DU DRAGON
BIG BOSS
OPÉRATION DRAGON
LE JEU DE LA MORT
 j'avais tout vu si jeune
C'ÉTAIT ALORS
MA SEULE POÉSIE
je n'ai jamais revu un seul
de ses films depuis
j'aurais trop peur que mon enfance
se soit définitivement engloutie
avec lui

Bruce Lee
ce petit homme au corps racé
à la taille de guêpe
chaîne en or et chemise blanche
ouverte sur ses pectoraux filiformes
avec ses grosses lunettes noires
de pilote d'hélicoptère

c'était quand même la classe absolue, non ?

lundi 24 avril 2017

Lucien Suel, come back anthologique n°2


Lucien Suel
Lucien Suel en 2017
Poète nordiste né en 1948, Lucien Suel vient de publier Ni bruit ni fureur, un deuxième recueil anthologique aux éditions La Table Ronde, après l'épatant Je suis debout (2014) paru chez le même éditeur.
Ce livre en 3 parties est un hymne à « L'Enfance au Nord », aux « jardins » et aux « disparus » (écrivains, poètes, musiciens, proches) qui ont toujours été les thèmes de prédilection de l'écrivain.
Lucien Suel y explore à nouveau un large registre de formes poétiques (prose, haïkus, « twittérature », pastiches, vers arithmogrammatiques…) et y excelle, de poète ordinaire à poète expérimental, en passant par poète beat - mais cela ne suffirait pas à en faire un bon poète - s'il n'y ajoutait pas la tendresse et une écriture qui sait aller à tout, sans ignorer l'essentiel.

Libertaire, sensible, créative, humoristique, la poésie de Lucien Suel plébiscitée, entre autres, par Jérôme Leroy, Daniel Fano ou Jean-Pascal Dubost, nous enchante autant. 

La Table Ronde, coll. Vermillon (poésie), mars 2017, 16,00 €

Inédits n°18 de Lucien Suel sur Le feu central

Silo, le blog du poète


mardi 11 avril 2017

Jérôme Leroy né en 1964

    Comme un doute

    Parfois, je me demande si la solution, ce n'est pas une maison à Tarnac, ou dans un coin de ce genre, avec mes livres, un jardin et une école autogérée où l'on apprendrait aux enfants la poésie, le jardinage et le maniement des explosifs, ce qui revient au même, au bout du compte.

Jérôme Leroy, extrait de Sauf dans les chansons (poésie), Éd. La Table Ronde, 2015.



Jérôme Leroy (2017)
© photo Patrice Normand/Leemage


Jérôme Leroy, franc-tireur mélancolique, La Croix, 19 mars 2017

Jérôme Leroy, Loin devant !, Poebzine, 15 avril 2016

Poème(s) inédits n°11 : Jérôme Leroy, « douze belles dans la peau-ésie »,  Poebzine, 17 mai 2013


Le blog de l'écrivain Jérôme Leroy